Nombreux sont ceux qui ont pris l’avion pour atteindre leur destination de vacances. Qui n’aime pas sauter dans un avion pour débarquer sur une plage paradisiaque ? Les tarifs low-cost et la multiplication des vols vers des destinations toujours plus variées rend l’avion attractif pour les usagers de transports.

Mais au risque de jouer les rabas-joie, la réalité nous rattrape. Notre climat change et l’aviation est l’une des principales causes de ce changement. C’est la source d’émissions de gaz à effet de serre qui augmente le plus vite aujourd’hui en Europe. Le transport aérien est responsable de 5% du réchauffement climatique à ce jour, une part qui peut sembler dérisoire, mais c’est autant que le 7e plus gros émetteur mondial. Si l’aviation était un pays, elle serait classée entre le Royaume Uni et le Japon dans la liste des plus gros pollueurs. C’est d’autant plus alarmant que cette part de 5% devrait continuer d’augmenter à l’avenir. Et que le transport aérien bénéfie à tous les niveaux d’un régime de faveur.

Alors toutes les solutions sont bonnes pour réduire l’impact de ce mode de transport sur notre climat. Moins prendre l’avion, c’est certain. Chaque année nous prenons toujours plus l’avion, plus aller toujours plus loin. En Chine et en Inde, les classes moyennes émergentes découvrent elles-aussi l’avion comme mode de transport. Arrêter de favoriser l’avion comme mode de transport en subventionnant allégrement les aéroports et en ne taxant pas le kérosène, comme c’est le cas en France. Améliorer sensiblement l’efficacité des avions pour limiter l’impact d’une demande en croissance rapide de la part des pays émergents.

Il est nécessaire d’aller au-délà en mettant en place une régulation internationale des émissions des compagnies aériennes. Les experts parlent d’un « mécanisme économique mondial », négocié entre les pays de la planète.

L’Union européenne l’avait bien compris, en décidant en 2008 de taxer les pollueurs atterrissant et décollant sur son territoire. Certains autres pays et l’industrie aérienne ont râlé, prétextant que seul un accord au niveau international était valable. Un argument facile, quand l’accord en question est négocié depuis plus d’une décennie et semble encore hors de portée. 

Un mécanisme mis en place au niveau international permettrait de réduire les émissions des compagnies aériennes dès aujourd’hui. Mais les pays et l’industrie aérienne ne sont pas d’accord. Depuis 17 ans, ils s’opposent dans un bras de fer interminable sur un éventuel accord visant à réduire les émissions du secteur aérien. Ces discussions ont lieu au sein de l’agence des Nations unies dédiée à l’aérien, l’OACI (organisation de l’aviation civile internationale). 

Une réunion du conseil de l’OACI a eu lieu le 4 septembre 2013, afin de préparer la réunion plénière de la fin du mois. Encore une fois, les négociations semblent sur le point d’échouer. A huit clos, l’Union européenne – ou plutôt la Commission européenne – a décidé de faire d’énormes concessions. Dans le cadre de son marché du carbone, elle renonce à taxer la pollution émise par les vols réalisés au-dessus de l’espace aérien international. Seul l’espace aérien de l’Europe sera pris en compte. Cela réduit la couverture du marché européen du carbone. Cette concession pourrait en outre devenir la base d’un accord international, laissant de côté les trois quarts des émissions mondiales rejetées par les avions volant dans l’espace international. 

Dans cette décision de l’UE, le Parlement européen (qui doit être co-décisionnaire avec les Etats membres et la Commission européenne) a été complètement ignoré. 

Qu’a obtenu l’Europe en échange de telles concessions ? La vague promesse par les autres pays qu’ils se décident en 2016 pour un accord international entrant en vigueur en 2020. 

Signez l’appel du Réseau Action Climat pour réduire la pollution de l’aviation :http://lesdessousdelaviation.org/

Contact :
Celia Gautier, chargée de mission Politiques européennes 
Réseau Action Climat
celia@rac-f.org / +33 1 48 58 89 76